Camille a lu : Fermina Márquez, de Valery Larbaud

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Auteur : Valery Larbaud
Année de publication : 1911
Nombre de pages : 156


«Tous ceux qui l’approchaient, tous ceux auxquels elle parlait, ceux qui jouaient avec elle, formaient, autour d’elle, une sorte de cour d’amour ; c’étaient ses chevaliers. Les chevaliers de Fermina Márquez, donc, étaient admirés de tous les élèves, et peut-être même des plus jeunes parmi les surveillants. De ces belles promenades dans le parc, nous ne rapportions plus l’odeur du tabac fumé en cachette, mais le parfum des petites Américaines. Était-ce le géranium ou le réséda ?»


En plein XIXe siècle, non loin de Paris, le collège Saint-Augustin accueille de nombreux élèves, pour la plupart riches descendants des conquistadores espagnols. Leur quotidien est chamboulé par l’arrivée de deux jeunes colombiennes qui viennent rendre visite à leur frère Paco Márquez.


J’ai lu ce livre pour mon cours de lettres en l’abordant avec curiosité. Ni l’auteur ni le titre ne m’étaient familiers, et connaissant mon prof ça pouvait être aussi bien génial que passablement barbant…

     On se retrouve donc propulsé dans ce collège plein à craquer de « fils de » qui n’ont pourtant rien d’élèves modèles. En particulier le narrateur et ses amis, présentés comme une « bande d’effrontés » qui n’hésite pas à enfreindre le règlement.
Et un jour, accompagnée de sa petite soeur et de sa tante, débarque Fermina Márquez. C’est une jeune fille de seize ans, dont la beauté est telle que les pensionnaires sont incapables de mettre des mots dessus. Et puis elle a cet air de noblesse et de dignité qui la rend admirable et achève de troubler les adolescents. Son arrivée va complètement bouleverser leur petit monde.

     Plusieurs personnages m’ont marqué, à commencer par Santos, sorte de légende vivante pour le reste des élèves. Environ dix-huit ans, très bon élève, insolent, audacieux…  mais finalement on ne sait pas grand-chose sur ses sentiments. Durant tout le récit est maintenue une sorte de distance entre le lecteur et ce jeune homme.
Au contraire, on connait bien les pensées de Joanny. J’en profite pour vous dire un mot sur la focalisation du roman, qui est assez originale : le narrateur a beau être un élève du collège, membre de la bande d’amis de Santos, plusieurs chapitres ou parties de chapitres adoptent un point de vue omniscient. On sait donc tout sur Joanny, adolescent  assez solitaire. S’il est timide c’est aussi un calculateur ambitieux qui place sa réussite scolaire au-dessus de tout. Mais l’arrivée de Fermina lui ouvre de nouvelles perspectives et il met tout en oeuvre pour la séduire. C’est un personnage complexe, il donne parfois l’impression d’avoir bien plus que ses quinze ans. Comme s’il connaissait déjà la vie, comme s’il savait exactement quelle posture adoptée quelle que soit la situation. Et à d’autres moments il n’est plus qu’un gamin maladroit et plein de doutes qui se retrouve noyé sous ses propres sentiments. Comme les autres il doit faire face à la plus grande des épreuves : grandir. Et c’est là tout l’enjeu du livre.
C’est donc un roman dans lequel on se reconnait, et qui traite avec finesse le sujet de l’adolescence et de la quête de soi.  Il se lit très vite. Bon, bien sur le nombre de pages y est pour quelque chose, mais c’est surtout grâce à la plume de Valery Larbaud qui est très agréable !

Mais c’est aussi une lecture qui m’a laissé sur ma faim. Le personnage de Fermina Márquez est finalement assez peu développé. Bien sur,  on comprend qu’elle est elle-même en pleine évolution, mais je m’attendais à plus que ça. Ses rêves, son passé, ses relations avec les autres… tout ça manque de détails. On a par moments l’impression qu’elle n’est qu’un prétexte, que ce qui compte ce n’est pas sa personnalité, mais les conséquences de sa présence.
La fin aussi m’a déçue,
on reste dans le flou à propos de plein de choses et c’est dommage ! On sent bien que le narrateur est comme nous, à la fois nostalgique et désemparé. C’est surement voulu par l’auteur, mais pour moi le dénouement reste incomplet.

         Fermina Márquez est une belle découverte, malgré plusieurs points négatifs assez frustrants. J’ai pris plaisir à lire ce livre, qui aborde le thème de l’adolescence avec beaucoup de justesse. 

Note :  tea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05atea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05atea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05ahot_cup_of_tea_by_mouiikara(3.5/5)

Et vous, connaissez-vous ce roman ?

 

 

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6 réflexions sur “Camille a lu : Fermina Márquez, de Valery Larbaud

  1. Mmmh… J’avoue que quand j’ai lu  » Conquistador espagnole », cela m’as donnée envie de lire la suite de ta chronique. Je me laisserai bien tenter quand je le croiserai en librairie mais j’ai bien l’impression qu’on ne parle pas vraiment de l’histoire de Conquistador ! Bref, à voir. :*

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