Namnam a lu : Silhouette, de Jean-Claude Mourlevat.

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{ Titre : Silhouette | Auteur : Jean-Claude Mourlevat | Nombre de pages : 221 }


Aujourd’hui, chronique d’un livre d’un auteur que j’affectionne énormément : Jean-Claude Mourlevat ! Connu et reconnu, il a su se faire sa place dans la littérature française. Sa plume est tout simplement divine; ses romans sont somptueux. L’un de mes auteurs chouchous ! C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans Silhouette, un recueil de « 10 nouvelles fortes et cruelles« . En avant pour un long article  !

Silhouette.


Pauline est une mère de famille discrète, menant une vie ordinaire. Lorsqu’elle découvre que son acteur préféré vient tourner dans sa ville et que des figurantes sont recherchées, elle postule de suite. Elle est acceptée, mais en tant que « silhouette », ce qui signifie qu’elle sera seule lors d’une scène avec son acteur préféré, et qu’un gros plan sera fait sur son visage…

 Au début, nous n’avons aucune idée de ce qui pourrait se passer de mal dans cette nouvelle, tout à l’air de se dérouler pour le mieux. L’histoire avance, puis arrive la projection du film, avec la dite scène. Plusieurs silhouettes sont apparues à l’écran. Le problème, c’est qu’elle sont de plus en plus laides, et Pauline n’est toujours pas apparue. Quand arrive son tour, une partie de la salle rit, tandis qu’elle ne s’est jamais sentie aussi humiliée. Comme nous n’avons pas tout de suite la raison, on s’imagine un sourire niaiseux, ou le classique « quelque chose coincé entre les dents ». Mais la justification de ces rires est tout bonnement cruelle, et on réalise que l’univers du cinéma peut être mesquin juste pour avoir la scène tant attendue pour eux. Et l’événement qui s’en suit nous révolte un peu plus, pour qu’on compatisse encore d’avantage sur le personnage de Pauline.

Case départ. 


Guillaume tient tête à ses parents pour ne pas partir en vacances avec eux, préférant aller en colonie. Sa mère lui fait une liste de choses à faire avant qu’il ne sorte de la maison, et il la suit à la règle. Sauf que dans le bus de la colo, il réalise qu’il a fait quelque chose d’affreux, même pas spécifié dans sa liste tellement cela paraît évident : il a laissé son chat enfermé dans sa chambre. Il décide d’aller le délivrer , et pour cela, doit faire du stop…

Je ne peux quasiment rien dire de peur de tout dévoiler mais cette nouvelle est… étrange. Rien qu’en disant que Guillaume se voit obligé de faire du stop pour rentrer chez lui, on a une petite idée de ce qui peut arriver — surtout avec la description des personnages dans la voiture. ( alors oui c’est pas bien de se baser sur les apparences, mais c’était tellement caricatural… ) Mais la fin est déroutante, vraiment ! Je ne parviens pas vraiment à savoir si tout cela est la faute de Guillaume ( peu probable, mais il règne une sorte de léger doute.) ou si c’est leur faute à « eux. » C’est frustrant car je ne peux vraiment rien dire d’autre, sinon vous saurez toute la nouvelle, mais.. Ah, cette fin est immonde !

Pardon. 


Il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Mr Duc décide alors d’employer son temps pour s’excuser auprès des personnes à qui il a fait du mal. Une décision louable. Mais peut-être que la réaction de ces dites personnes ne le sera pas autant… 

En apprenant l’intention du personnage, on se dit tout de suite que Mr Duc est une bonne personne, et que c’est une belle manière de passer ses derniers moments à vivre et de rétablir le mal causé. ( Bien que, faut pas se leurrer, le p’tit m’sieur fait ça pour s’alléger la conscience et mourir en paix. Sinon, il l’aurait fait plus tôt, non ? Pardon, c’est mon côté pessimiste qui parle, haha. ) Il n’a le temps de voir que Lherbier, un ancien camarade de guerre qui fut humilié à cause de son bec de lièvre. On pourrait croire que tout semble arrangé, qu’au final le destin sourit à nouveau pour le personnage principal. Mais non. La fin de la nouvelle est un peu flagrante, mais tout de même haïssable, et on réalise que l’Homme est malheureusement plus axé sur la vengeance que sur le pardon.

Love. 


Angélique est une jeune étudiante timide, qui a un mal fou à prendre en confiance. Sa professeure lui suggère de partir en Angleterre durant un an, en tant qu’assistante dans un lycée. Elle est logée par Miss Dykes, à l’apparence plutôt masculine, et qui se révèle totalement singulière. 

⇒ Cette nouvelle est géniale ! Ce qui manque d’arriver à Angélique est terrible, vraiment, et on ne peut que remercier Miss Dykes de la sauver à temps. Et dire que c’est grâce à ce traumatisme qu’Angélique parvient à s’assumer et s’affirmer, une manière bien sombre tout de même. On a l’espoir que cette histoire se termine bien, mais pas tout à fait. Alors oui, dans un sens, elle se termine mieux que les trois précédentes, enfin j’ai trouvé, bien que la fin soit tout de même triste, mais renversante ! Je n’aurais pas soupçonné cela une seule seconde, et j’avais presque l’impression d’entendre les mots de la logeuse : Take care, love.

Ouessant.  


Le narrateur nous raconte des brides de son enfance, une vie très simple mais aimante, puis ce projet fou de partir pour la première fois en vacances. Un château de sable incroyable, qui se fait détruire lentement par la mer. 

⇒ Cette nouvelle semble fraîche, on découvre la simplicité dans laquelle vit le narrateur et sa famille, mais le strict nécessaire et de l’amour suffit aisément. Durant la semaine de vacances, on est transportés, on a comme l’impression de sentir l’air marin et le sable sur notre peau. On voit que la soeur du  narrateur est un personnage fort. Le retour est difficile et triste, on éprouve de la peine pour cette famille à laquelle on s’attache vite.

L’accord du participe. 


Maxime Dieuze est un retraité qui se laisser aller :  il ne se lave plus, porte les mêmes vêtements crasseux sur lesquels il s’essuie les doigts et ne cesse de renifler. Il n’y a qu’une chose qui l’obnubile : détecter toutes les erreurs de syntaxe que commettent les personnalités à la radio ou à la télé. Un ministre retient son attention puisqu’il enchaîne les fautes. Dieuze décide donc de le kidnapper en l’assommant avec Le Bon Usage, de Maurice Grevisse, puis de le lui faire manger. 

Je pense que cette nouvelle est ma préférée ! Elle est truffée d’ironie, je suis partie dans d’énormes fou rires. Ce retraité est un personnage atypique, qui a un passe temps bien étonnant. Certaines erreurs m’ont également fait grincer des dents ( je ne suis pas poussée à l’extrême comme lui mais je fais mon possible pour éviter les erreurs ! ), mais quand j’ai lu « les Français, y comprennent très bien qu’est-ce que j’veux dire« , prononcé par le 1er personnage de la République, je pleurais presque tellement je riais ! Le premier événement qui arrive à Dieuze est rocambolesque, tout simplement génial et bien pensé, un retournement de situation comme je les aime. Le deuxième événement que vit Maxime m’a un peu déçu et laissé de marbre, cela tombe comme un cheveux sur la soupe. Mais la toute fin est encore saupoudrée d’une touche d’humour qui nous arrache un dernier rire.

Dom Juan. 


Tout commence par un trou de mémoire dans l’acte II, scène II, de Dom Juan écrit par Molière. Cornel Badescu subit le même blocage, à cette même réplique prononce par Dona, jouant le personnage de Charlotte. Et si ce « trou de mémoire » n’est que le passé qui essaie de refaire surface ?

C’est une histoire très bien menée et intéressante. L’utilisation du texte de Molière est recherchée et elle est maniée de manière intelligente. Aucun autre personnage ne serait mieux allé qu’à Cornel ! La progression se fait lentement, mais sûrement. On se doute facilement d’une partie de l’histoire mais l’autre nous étonne. J’ai décoché un sourire à la fin, en apprenant que la prochaine pièce du personnage principal sera Comme il vous plaira, puisqu’il s’agit de la première pièce dans laquelle j’ai « joué ». ( ceci n’avait rien à voir avec la chronique mais je divulgue mon avis, haha. ) A travers cette nouvelle, on comprend que le passé ne peut nous échapper éternellement.

Mon oncle Chris. 


Chris, c’est un oncle un peu marginal, qui ne cesse de voyager et qui ne parvient pas à percer. Sa famille l’estime peu, il n’y a que son neveu qui ne le juge pas. Il lui confie alors son plus grand secret, qu’il tient jusqu’à Noël. 

Bouleversant. C’est le seul mot qui me vient avec cette nouvelle. On ne s’en rend pas compte mais on s’éprend à une vitesse folle de l’Oncle Chris, c’est un personnage étrangement attachant. Une certaine tendresse se dégage de cette nouvelle, elle est touchante. Le dénouement laisse de la peine, mais il est plus doux que ceux des histoires précédentes.

Les jolis nuages. 


Mme Maréchal vient de prendre sa retraite. Elle espère passer une vingtaine d’années auprès de son mari, passant du bon temps ensemble. Mais celui-ci meurt. Elle cherche quelque chose pour s’occuper l’esprit, pour user de son temps à bon escient. Entre anglais, français et espagnol, elle va apprendre tout un tas de poésies, encore et encore… 

Bien que le début soit triste, on a ensuite affaire à une ballade de mots. Une nouvelle très poétique, et on voit l’utilité que peut avoir l’apprentissage. La fin a vraiment un aspect déprimant, bien qu’il y ait une lueur d’espoir.

Un escroc. 


J’ai décidé de vous laisser la surprise et de ne pas vous résumer cette nouvelle ! Si vous venez à lire ce recueil, il faut que vous le lisiez dans l’ordre, et que vous gardiez cette histoire en dernier car elle a un réel pouvoir : celui de vous fasciner tout en vous embrouillant ! Ce qui y est raconté est déroutant, tout un tas d’interrogations dérangent notre esprit. Toute une remise en question se fait, et on ne peut finir ce livre sans ce demander si c’est bel et bien le cas.

Je ne suis pas certaine d’avoir assimilé le sens de chaque nouvelle, notamment pour la dernière. Je n’ai aucune idée du message véhiculé derrière. Mais pour résumer le tout, c’est une très agréable lecture qui repeint plutôt bien la réalité. Je ne serais jamais lassée de cette imagination un peu fofolle que possède l’auteur ! Ce n’est pas un coup de coeur, malgré la très bonne note que je lui attribue !

Note : tea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05atea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05atea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05atea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05atea_and_books_avatar_by_kezzi_rose-d5xt05a (5/5)

L’avez-vous lu ? Quel est votre avis dessus, et surtout, votre nouvelle préférée ? 

Si vous connaissez d’autres blogs chroniquant ce livre, n’hésitez pas à les partager afin d’aiguiller autant que possible les autres lecteurs ! 

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6 réflexions sur “Namnam a lu : Silhouette, de Jean-Claude Mourlevat.

    1. Merci beaucoup, ton commentaire est adorable ! Pas de quoi pour la découverte, c’est un plaisir de pouvoir faire découvrir des lectures. c:
      Pour être spéciales, elles le sont oui ! Mais c’est ce qui fait la beauté de ce recueil, haha. Si tu as déjà lu des oeuvres de cette auteur, je pense qu’il ne te décevra ; mais si tu le découvres, il pourrait te donner envie de découvrir ses romans. Enfin bref, j’espère que tu aimeras cette lecture !

      Aimé par 1 personne

    1. Ola excuse-moi pour le retaaaard. ;; Merci pour ton commentaire !
      Le combat d’hiver est tellement beau, et en même temps injuste, il m’a également marqué ! Terrienne est le tout premier roman que j’ai lu de Mourlevat, et même si certains passages traînaient un petit peu, c’était franchement une bonne lecture. Donc je ne peux te conseiller que de le lire ! 😉

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